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Prix ATAA
01/028e édition des Prix Cinéma et Séries à la SACEM

L'ATAA en version originale

On vous dit tout (ou presque) sur l'ATAA en images !

L'ATAA qu'est-ce que c'est ? A quoi ça sert ?
La réponse en 13 minutes.

Merci à Serge Gallo, l'auteur de ce film, et à tous les vaillants membres de l'association qui se sont prêtés au jeu de l'interview !

Pour un visionnage optimal, optez pour la HD 1080p derrière la petite roue dentée du lecteur YouTube.

Aucun traducteur de l'audiovisuel n'a été blessé pendant le tournage de cette vidéo.

Bref, j'ai participé aux 35e Assises de la traduction littéraire

Le week-end dernier, j'ai pris le train, eu du retard sur le premier train (forcément), du retard sur le deuxième, paniqué, mais je suis arrivée à temps (ouf !) pour le repas. Je me suis perdue (je ne sais combien de fois) dans les ruelles d'Arles (pas grave, c'est trop mignon), j'ai couru d'un point A à un point B, mais pas tant que ça parce que c'est tout petit, le centre d'Arles !

Bref, j'ai participé aux 35e Assises de la traduction littéraire.

Plus sérieusement (et en moins bref)...

C'est avec en tête notre volonté actuelle de resserrer les liens entre associations et branches de la traduction que l'ATLF m'a invitée à participer à cette 35e édition des Assises de la Traduction, rendez-vous incontournable de la traduction littéraire en France, qui se déroule à Arles.

Ma table ronde était prévue pour le dimanche matin. Mais quitte à me déplacer jusqu'à la jolie ville d'Arles, autant profiter des nombreux ateliers et des conférences proposés !

Le vendredi soir, je suis arrivée juste à temps pour profiter du premier dîner, très informel et joyeux, avec de grandes tablées qui permettent de se mêler, se rencontrer, échanger. Je partage mon repas avec une femme qui a créé une association pour promouvoir la traduction, une dame qui s'est lancée dans la traduction après une carrière dans le professorat, tandis qu'à ma droite, deux traductrices littéraires échangent sur leurs projets actuels et profitent de ma présence pour satisfaire leur curiosité sur l'audiovisuel ! Amusant, stimulant, délicieux...

Le samedi matin, j'ai décidé de me réveiller (tout en douceur, me disais-je, naïve que je suis !) avec une « chronotraduction ». L'intitulé était très précis, et s'est révélé tout à fait fidèle à la réalité, et pourtant...

Intitulé :

« Où il sera question de traduire le plus vite possible, le plus loin possible, le plus élégamment possible, le moins n'importe comment possible, en se mettant autant que possible d'accord à plusieurs, et de récolter le plus de points possible auprès d'un jury désigné sur place. Entre course contre la montre et patinage artistique, la discipline vivra ses premières heures dans les salons feutrés de l'hôtel de l'Amphithéâtre, où les forces intellectuelles en présence seront aiguisées par cafés et croissants ».

On a effectivement eu des cafés et du croissant, et on a effectivement traduit, poursuivis par l'implacable dieu Chronos, représenté par la sadique petite cloche d'un jury totalement loufoque, décalé, souvent injuste et totalement en roue libre.

Par tablées de 3 à 5, parfois composées de gens qui se connaissaient, parfois créées comme pour la mienne par le hasard, nous nous sommes frottés à la traduction d'un texte tellement court que nous en sommes restés presque perplexes. Deux lignes, très poétiques, et un titre... presque rien, en somme, mais se mettre d'accord à trois ou quatre personnes, retranscrire les rimes, les jeux de mots, le tout en 4 minutes chrono ! Peu ont réussi à terminer l'exercice dans les temps, à notre grande surprise.

Pour le deuxième texte, on pensait avoir appris de nos premières erreurs et on s'est attelés, déjà beaucoup plus réveillés et frénétiques, à une douzaine de lignes d'un humour corrosif, d'une langue inventive, malicieuse, pas facile du tout. (Il s'agissait d'un extrait du livre Man vs Baby de Matt Coyne). On avait cette fois 10 minutes. On pensait avoir tout de même le temps de peaufiner, avec une telle générosité de Chronos, quelle erreur ! Notre équipe avait tout juste traduit (mais avec brio et beaucoup d'inventivité et de finesse) une petite moitié que retentissait le glas !

Un seul groupe a réussi à traduire le texte anglais, je crois me souvenir (le plus long de tous), un autre celui proposé en italien et plusieurs ont réussi l'exercice depuis une troisième langue, le... schtroumpf. Oui, oui, vous avez bien lu, le schtroumpf. Leur texte était nettement plus court, à notre décharge, et ils n'ont pas eu à se frotter, impuissants, à des mots tels que « payload » ou « torque », mais qu'on a ri à l'écoute de leurs interprétations aussi libres que folles des schtroumpferies vraiment schtroumpfantes de ce texte, performances saluées par tous et notées en conséquence par notre jury déchaîné.

Jury qui ne s'est pas privé de noter... sans la moindre cohérence, logique et harmonie, à grand renfort de bons points pour tentatives de corruption, mauvais points pour contestation (pourtant encouragée en début de séance), ou de disqualifications pour rature (triste sort de notre premier texte !). Vous l'aurez deviné, le maître-mot était bonne humeur, folie et frénésie. Car oui, pour traduire douze lignes truffées d'humour en 10 minutes, on doit oublier de rentrer dans les détails, de chercher la justesse du mot qui fait mouche, on doit coucher sur le papier, sans s'écharper, ce qui vient. Bref, un exercice totalement nouveau et très stimulant (que vous retrouverez probablement dans une de nos prochaines Journées de la traduction, tant l'exercice est jouissif !).

Le second atelier auquel je me suis inscrite traitait toujours de traduction, mais le ton n'était pas tout à fait le même ! Forcément, quand on s'attaque à l'introduction de To the Lighthouse, de Virginia Woolf, qu'elle n'a pas écrit en schtroumpf, mais dans une langue si riche et si complexe qu'elle nous fait douter de notre propre niveau d'anglais...

Certains avaient préparé en amont le texte, d'autres avaient joué le jeu, comme moi et découvraient sur le moment ce texte et toutes ses difficultés. L'exercice est passionnant. Plusieurs dizaines de traducteurs, aux expériences, styles et goûts différents qui débattent, s'interrogent, parfois même sur une simple virgule ou plutôt, absence de virgule.

On a peu avancé, pas assez à mon goût. On s'est un peu perdus en conjectures, on a trop pinaillé sur des détails, oublié que l'heure tournait, mais ce type d'exercice collégial est instructif et vraiment passionnant.

En début d'après-midi, je m'étais inscrite à une conférence à deux voix sur l'emploi des temps en français et en anglais. Ça m'a rappelé les cours de linguistique à la fac. C'était ardu, surtout en pleine digestion, mais les deux intervenantes connaissaient leur sujet et avaient minutieusement préparé leur dialogue à deux voix, émaillé d'exemples très parlants. De quoi remettre en question ce qu'on pensait savoir sur les temps et leurs usages.

Pour le reste du week-end, j'ai préféré profiter des ateliers quelque peu décalés proposés par les Assises. D'abord un jeu, samedi soir. Quatre des intervenants avaient été invités à s'essayer à l'exercice délicat du USJRA, ovni à mi-chemin entre la battle d'impro et le jeu de société. Ils ont tour à tour dû évoquer une œuvre d'art que leur inspirait un mot désigné au hasard par le lancer du palet. Drôles, surprenants, ou très émouvants, ces monologues tissés au fur et à mesure par différents artistes (comédiens, écrivains...) ont ravi une foule de spectateurs qui dispensait moult points bonus et acclamations.

Le dimanche matin, un atelier d'écriture créative, encore et toujours sur le thème du temps, a permis à une vingtaine de personnes de se lancer à corps perdu dans la rédaction puis la lecture de leurs textes, sous l'égide bienveillante et toujours positive et encourageante d'Isabelle Fruchart, comédienne.

A travers ces quelques ateliers, je n'ai fait qu'effleurer la foisonnante programmation de ces Assises, qui permettaient de se frotter à divers textes en espagnol, russe, italien... d'assister à des conférences quasi philosophiques et très techniques, d'écouter des traducteurs partager leurs expériences, de voir une remise de prix ou simplement de partager le plaisir de lire...

Mais j'en viens enfin à ce qui m'a amenée en premier lieu à Arles pour ce week-end riche en rencontres : la table-ronde de l'ATLF, intitulée « Toujours plus vite : traduction et logiques du succès ».

Aux côtés de Dominique Defert (traducteur des Dan Brown, entre autres), d'Anne Michel (directrice du département étranger des éditions Albin Michel), avec Corinna Gepner (traductrice et représentante de l'ATLF) à la modération, nous avons échangé nos points de vue et expériences, forcément très divers, sur le raccourcissement des délais et les évolutions dans nos méthodes de travail, parfois grâce à des améliorations techniques et souvent à cause de la paranoïa grandissante des commanditaires et de la course effrénée à la sortie des gros succès (qu'ils soient littéraires ou audiovisuels, d'ailleurs), au détriment de la qualité ou tout du moins des conditions de travail des différents acteurs de la chaîne. J'y ai davantage pris conscience de la pression qui pèse sur les épaules des commanditaires, car je pense que ce qui vaut pour l'édition vaut pour l'audiovisuel et j'ai écouté avec tout autant d'ahurissement que le public les conditions quasi inhumaines dans lesquelles travaillent les traducteurs des romans de Dan Brown (pour la faire courte : enfermés sous terre pendant un peu plus d'un mois, dans un pays étranger, sans Internet sur leur poste de travail, chaque pause répertoriée et minutée, rythme de travail de 33 pages par jour là où ils en font normalement 10... je laisse votre imagination travailler !).

Mais l'audiovisuel n'étant bien sûr pas en reste dans la course au toujours plus rapide, plus sécurisé et plus absurde, je les ai régalés d'une foule d'anecdotes, telles que les multiples versions sur un épisode, le travail d'imagination nécessaire pour adapter un personnage pas encore créé par ordinateur, le travail à l'aveugle sous les watermarks divers et variés allant du simple nom du studio au marquage de notre nom sur l'intégralité de l'image, sans oublier le fameux « écran noir » avec seulement les bouches apparentes...

J'en tire la conclusion que même s'il leur arrive de travailler sur des ouvrages encore en cours de rédaction ou de correction, pour les grosses sorties mondiales, l'audiovisuel semble remporter pour l'instant la palme de l'absurde, car ce qui reste pour eux anecdotique et somme toute exceptionnel est devenu pour nous déjà bien trop habituel et surtout, s'applique à des programmes loin des enjeux financiers des gros blockbusters ou des bestsellers de l'édition. Le tableau dépeint ne les as pas rassurés et l'avenir nous a paru à tous assez incertain, dans un tel contexte.

J'étais ravie de participer à cette table ronde très enrichissante, qui a fait salle comble et semblé amuser tout autant qu'instruire le public.

J'ai donc traduit (beaucoup), joué (un peu), paniqué devant un chrono (beaucoup trop !), écrit, gommé (ou raturé...), ri (merci !), échangé. Bref, j'ai participé aux Assises de la traduction littéraire... et je le conseille à tout le monde.

A noter : les Assises sont organisées par ATLAS, l'association pour la promotion de la traduction littéraire.

Éduquons !

De l'importance de valoriser nos métiers auprès du grand public.

La grande communauté des traducteurs de l'audiovisuel est multiple, et c'est ça qui la rend belle. Chacun(e) a son parcours, son style, son identité... Il y a celles et ceux qui, très tôt, ont su que l'adaptation en audiovisuel était leur voie et ont suivi les études universitaires ad hoc ; et puis il y a les autres. Ceux qui sont arrivés là, non pas par hasard, mais par des chemins détournés. Ces dinosaures qui sont passés sur les bancs de la fac avant que les Masters spécialisés dans la discipline ne voient le jour et qui ont pris l'option, diplôme classique de langue en poche, d'aller courir le monde en collectionnant les rencontres, les expériences et les repas frugaux... Ce fut mon cas, et mon petit doigt me dit que je ne suis pas seule !

Anglo- et cinéphile, je suis arrivée au métier par la porte des festivals. D'un festival en particulier, celui du cinéma britannique de Dinard, où j'ai débuté par un concours de circonstances en 2005 comme "stagiaire en charge du catalogue bilingue". Mission si hautement estimée qu'elle était confiée chaque année, à l'époque, au premier étudiant qui pouvait se targuer d'avoir survécu à son voyage scolaire dans le Kent en classe de cinquième.

Bref. Ça, c'était avant. On va dire que la direction du festival était, à l'époque, plus experte en cinéma qu'en britannique... Chacun sa spécialité. Au fil des années (puisque j'y œuvre toujours, aujourd'hui à la programmation, 4 mois sur 12), je suis fière d'avoir contribué à concilier les deux au sein de ce beau festival et à développer, en parallèle, une activité indépendante de sous-titrage de l'anglais vers le français.

Tout cela pour en arriver au sujet central de mon propos : le public. Vous savez, ces gens qui regardent les programmes doublés, sous-titrés et audiodécrits. On est tellement focalisés sur les clients, les labos, les distributeurs, la SACEM, les impôts, Netflix, les délais, les tarifs ... qu'on en oublierait presque à qui est destiné le fruit de notre labeur : aux spectateurs. Eh bien, ce sont eux, sous la forme des festivaliers, qui m'ont amenée à me former à l'écriture de sous-titrages. Si vous vous attendez à ce que je sorte les violons du partage de la magie du cinéma, les trompettes de l'altruisme de ce beau métier qui bâtit des ponts entre nous et le ciel (ah non, ça, c'est Cabrel), qui fait tomber la barrière de la langue, qui rend accessible, comme par enchantement, des dialogues qui autrement tomberaient dans les abîmes de l'incompréhension, vous allez être déçus. Remballez violons et trompettes et rentrez les licornes à l'étable. Ce qui m'a poussée à faire ce métier, c'est la colère que j'éprouvais en entendant les gens sortir des salles en maugréant : "Il était bien ce film, dommage que le traducteur n'ait pas compris les jeux de mots ", ou "Môa, je parle anglais. C'est pas ça qu'il a dit, le mec", ou encore "Pas terrible, la traduction. Mon fils qui a 18 de moyenne en anglais au collège aurait fait mieux".

(c) 2015, Julien Liénard/Courtesy Festival du film britannique de Dinard

Et moi de retenir mon "Hé, Ducon ! C'est pas mal traduit, c'est a-dap-té ! Si tu connaissais la différence, tu serais moins méprisant". Et voilà. J'avais la réponse sous les yeux. En plus de me former aux techniques de sous-titrage (métier qui me trottait dans la tête depuis plusieurs années), je devais sensibiliser ce public qui jugeait sans savoir. Un fléau de notre société, juger sans savoir... Non ?

Alors, en femme de mots, j'ai troqué le vindicatif "Hé, Ducon !" pour brandir un bienveillant "Éduquons !", et je profite des tribunes qui me sont offertes en tant que programmatrice en festivals pour parler de cet autre métier qui est le mien et qui me passionne, celui d'adaptatrice de l'audiovisuel en sous-titrage.

Par souci de vulgarisation et pour éviter de m'adresser à des salles vides (ou semi vides, car il y a toujours une prof d'anglais à la retraite qui a vu de la lumière et s'est posée là avec une copine), j'attire le chaland en titrant mes interventions : "Traducteur de films, les ficelles du métier". Ça parle bien au public et ça ne sent pas trop le cours magistral triste à pleurer où le conférencier lit à haute voix le Powerpoint qu'on a tous sous les yeux.

J'y présente donc les différents volets du métier (sous-titrage linguistique et SME, doublage, voice-over et audiodescription), en les illustrant par des extraits de programmes choisis. Je parle de synchronisation labiale, je montre ce qu'est une bande rythmo, je définis les codes couleurs SME, je fais fermer les yeux à mon auditoire pour qu'il écoute un extrait audiodécrit. Puis je me concentre sur le sous-titrage, que je maîtrise mieux, avec les notions d'amorce vocale, de vitesse de lisibilité, de changements de plans, de persistance rétinienne, de taux de foisonnement, de fluidité du langage. Et là, ô joie, les premiers signes d'attention apparaissent dans la salle : je vois des têtes qui opinent, j'entends des "Ah, c'est pour ça, alors !", des "Bah oui, forcément, si elle traduisait tout, il faudrait 4 lignes et on ne verrait plus rien."

C'est à ce moment-là, quand ils ont toute mon attention, que je leur assène une vérité qu'ils semblent ignorer : un traducteur traduit du sens, pas des mots. L'adaptation est indispensable pour faire glisser du sens d'une langue à l'autre et ne peut naître que du cerveau humain. Là, il y a toujours un gros malin pour me dire que "Ouais, mais Reverso, c'est quand même vachement bien. C'est ça, l'avenir." Je prends une grande inspiration, je scande intérieurement mon mantra dans un immense effort pour ne pas me tromper d'orthographe (Éduquons... Éduquons...), et je parle du sacro saint contexte, de références culturelles, de langue cible et de langue source, du fait qu'un traducteur ne produit que dans sa langue maternelle, qu'une machine ne fait pas de différence - en anglais, en tout cas - entre un évier de cuisine et un navire en train de sombrer. J'en profite pour caser que nous sommes des auteurs à part entière et que nous en avons le statut, que la SACEM et la SCAM nous versent des royalties (le public adore, ça fait rock star)...

Et nous voilà lancés ! Je peux quitter mes notes, ils ont suffisamment de clés pour se lancer dans un échange constructif. Les questions foisonnent, les références à des films ou des séries fusent, on parle éthique, méthodes et processus de travail et, forcément, on glisse sur les séries et les fansubbers, à qui je mets une dose au passage, rassurez-vous. La même qu'à Netflix, dont je dénonce les pratiques de dumping tarifaire. Là, je conclus avec un florilège de "perles" de fansubs qui termine d'enfoncer le clou : en sortant de cette salle, vous avez appris les ficelles d'un vrai métier et, sans pouvoir le faire vous-même, vous êtes maintenant en mesure de formuler un jugement avisé sur la qualité d'une adaptation. Et M. Reverso de glisser à son épouse en sortant : "C'était super intéressant, dis donc. J'me coucherais moins bête ce soir."

Mission accomplie.

Le tutorat, c'est parti !

Depuis sa création, l’ATAA se rend chaque année dans les masters qui forment les futurs professionnels de la traduction audiovisuelle. Ces interventions, qui donnent aux étudiants une idée concrète de la profession et de ses réalités, sont essentielles pour créer un pont entre la vie étudiante et la vie professionnelle. Il n'en reste pas moins que pour les jeunes professionnels qui se retrouvent dans le grand bain, l’expérience peut être douloureuse. Le fait qu’il s’agisse d’un métier solitaire n’arrange rien.

Compagnons de la traduction

Prenant modèle sur la Société française des traducteurs, que nous remercions pour son aide, l’ATAA a donc mis en place un système qui permet d’accompagner les professionnels débutant, jeunes ou moins jeunes. L’idée n’est pas neuve, elle s’inspire bien sûr du compagnonnage qui a été et reste le moyen universel de transmettre un métier, et pas uniquement pour ce qui est du geste, de la pratique en elle-même, mais aussi de sa philosophie. Car c’est aussi un formidable outil pour créer un esprit de corps, et de la solidarité. Il fabrique un sentiment d’appartenance, et la fierté de faire partie de ce qu’on appelle, dans le plus beau sens du terme, une corporation.

Pour l'ATAA, en tant qu’association professionnelle, c'est aussi le moyen d'affirmer que, oui, c’est un métier qui s’apprend, et qui relève autant, c’est l’une de ses spécificités, de l’artisanat que de l’art. Tous les livres et les tutos vidéos ne valent pas quelques phrases échangées avec un pair plus expérimenté, ils ne valent pas la confrontation du travail, en direct, avec un autre regard. Et l'échange, de ce point de vue, peut être aussi enrichissant pour "l'apprenti" que pour le "maître".

Concrètement, comment ça marche ?

Les responsables du projet, Lilia Adnan Vermot et Sylvestre Meininger reçoivent les candidatures de parrains et de filleuls et mettent en contact les binômes les plus compatibles en terme de langues, de spécialités et de localisation. Chacun signe la charte et s’engage donc à la respecter. Le filleul doit s’être déjà lancé dans la vie professionnelle. Le parrain l’accompagne dans cette période de transition, et peut l’aider à savoir comment se comporter face au client, démêler un peu l’écheveau de nos bizarreries administratives, mais aussi et bien sûr apporter son œil expérimenté aux adaptations de son filleul.

Les premiers binômes ont été créés. Pour en savoir plus, rendez-vous à la soirée portes ouvertes qui se tiendra le 20 novembre 2018, ou écrivez à Lilia et Sylvestre sur info@ataa.fr.

Il faut noter que ce projet ne remplace pas, mais complète une première initiative qui reste d'actualité et propose à nos adhérents de les mettre ponctuellement en relation avec un ou une collègue pour une relecture (pour tout renseignement, écrivez à info@ataa.fr).

Edouard Onslow, détail du Jeune apprenti.

Soirée portes ouvertes 2018

Après une année de pause, l’ATAA renoue avec l’une de ses grandes traditions, la soirée portes ouvertes ! Elle est destinée à tous les professionnels de la traduction audiovisuelle, qu’ils soient membres ou non de l’association, et aura lieu le mardi 20 novembre 2018 aux Grands Voisins, à Paris 14e.

Au menu des réjouissances, trois sujets choisis parmi les multiples chantiers en cours de l’association. Cette fois, ce sera l’harmonisation des normes de détection pour le doublage, la mise en place d’un système de tutorat et le travail mené auprès des festivals. Un moment de questions-réponses vous permettra également d'évoquer d'autres sujets.

Les traditionnelles agapes suivront ces trois courtes présentations. Nous comptons sur vos talents (ou non) culinaires !

Inscription (gratuite) obligatoire via ce formulaire.

Accueil à partir de 18h30 aux Grands Voisins, 74 avenue Denfert-Rochereau, 75014 Paris. Présentations de 19h à 20h, puis moment convivial et gourmand jusqu'à 23h30.

Attention : l'enceinte du site est piétonne et il n'y a pas de parking à proximité. Privilégiez les transports en commun (bus, RER B, métro 4 ou 6) ou le vélo.

Journaloctobre 2018

International
19/10A Madrid, l'ATAA participe à une table ronde sur l'avenir du sous-titrage
Vie de l'ATAA
12/10CA d'octobre
International
03/10Rencontre avec des représentants de Netflix à Berlin
International
02/10A la veille de la conférence Languages & the media, débat entre chercheurs en TAV et professionnels à Berlin

Le palmarès de la 2e édition du Prix de la traduction de documentaires télévisés

La deuxième édition du Prix de la traduction de documentaires télévisés s'est tenue jeudi 11 octobre 2018 dans la salle Brabant de la SCAM.

En présence d'une assemblée de traducteurs de l'audiovisuel, de représentants de laboratoires de postproduction et de chaînes, mais aussi de directeurs artistiques et de comédiens de doublage, l'ATAA a récompensé Christian Bloch pour sa traduction de Himmler, l'homme de la solution finale, réalisé par Vanessa Lapa, produit par RealWorks et diffusé sur Arte (version française : Hiventy). Ce documentaire s'articule autour de la correspondance privée et du journal d'Himmler, le tout illustré par des images d'archives.

Particularité de cette édition, le jury a salué également Dominique Kugler pour sa traduction de Tasmanie, le petit peuple des grottes, réalisé par Niall Doran et Justin Smith, produit par Bookend Trust/Pennicott Foundation et diffusé sur Arte (version française : Innervision), en lui remettant une Mention spéciale. Signalons que la version française de ce film présente un intérêt particulier car elle illustre bien la part d'adaptation que peut comporter une traduction audiovisuelle. Le jury a donc tenu à saluer aussi cette traduction qui avait remporté l'adhésion d'une partie de ses membres.

Bravo donc aux deux lauréats et rendez-vous prochainement pour une nouvelle édition de ce Prix !

Journaljuillet 2018

Vie de l'ATAA
26/07CA estival
Institutions
03/07Rencontre ATAA-Ficam

Journaljuin 2018

Télévision
26/06Réunion ATAA-ARTE à Strasbourg
Institutions
19/06Réunion ATAA-SACEM
Vie de l'ATAA
15/06CA de juin

2019, la désorganisation organisée

Retour sur les États Généraux du Livre

De retour des Etats généraux du livre (22 mai 2018)

Tout le monde était là, les directeurs de l’AFDAS, de l’Agessa-Maison des Artistes, de l’IRCEC, les représentants et membres d’un grand nombre d’associations et syndicats d’artistes et d’auteurs, emmenés par le Conseil Permanent des Ecrivains, organisateur de l’événement. Tout le monde, enfin, pas tout à fait. Il y avait bien des représentants du ministère de la Culture, fonctionnaires méritants, au sens noble du terme, et même un adjoint du bureau C1 du ministère de l’Economie et des Finances. Mais au fil des débats, il est devenu très clair qu’ils n’étaient que les rouages impuissants d’une puissante machine à désorganiser, dont le moteur se trouve ailleurs, dans les bureaux du Premier ministre et du président de la République, symboliquement représentés par des chaises vides.