Accessibilité

Les personnes souffrant d’une déficience auditive ou visuelle ont aussi le droit d'avoir accès aux programmes audiovisuels.

Le sous-titrage pour les sourds et les malentendants (SME)

Le sous-titrage pour les sourds et les malentendants est une obligation inscrite aux cahiers des charges des chaînes publiques depuis 1984. Mais c’est seulement avec la loi du 1er août 2000 que le sous-titrage pour sourds et malentendants (« SM ») est devenu une obligation pour les chaînes hertziennes. La loi du 11 février 2005, quant à elle, prévoit que « dans un délai maximum de cinq ans, les chaînes dont l'audience moyenne annuelle dépasse 2,5% de l'audience totale des services de télévision devront rendre la totalité de leurs programmes accessibles aux personnes sourdes et malentendantes à l'exception des messages publicitaires. » Aujourd’hui, la proportion de programmes sous-titrés est très variable d’une chaîne à l’autre, mais reste globalement très loin du but à atteindre pour 2010. TF1 sous-titre 23,4% de ses programmes, France 2, 31,3%, France 3, 25,1%, France 5, 21,9% et M6,8,8%1.

Le sous-titrage SM est toujours fait dans la langue d’origine du programme audiovisuel. Il exige une lisibilité plus grande que le sous-titrage d’une langue étrangère, car les sourds et malentendants ne bénéficient pas, ou peu, du support de la voix et du son du programme regardé. Le sous-titrage SM est la plupart du temps une synthèse de ce que l’on entend (comme le sous-titrage d’une langue étrangère), les paroles pouvant rarement être retranscrites telles quelles, par souci du respect de la vitesse de lecture des téléspectateurs.

Les normes du sous-titrage SM varient malheureusement selon les souhaits des clients et chaînes de télévision. Les couleurs des sous-titres, leur placement et leur ponctuation diffèrent plus ou moins d’une chaîne à l’autre, et même parfois selon les laboratoires effectuant le sous-titrage pour les chaînes.

Cependant, certaines normes restent à peu près stables :


- On aura toujours tendance à utiliser le blanc lorsqu’un personnage parle à l’écran, le jaune lorsqu’un personnage parle hors champ, le rouge pour les indications de bruit, le magenta pour les indications musicales, le cyan pour les réflexions intérieures ou commentaires en voix off, et le vert pour les indications ou retranscriptions de langues étrangères.

- Les sous-titres sont placés sous le personnage qui parle. Mais là encore, pour un personnage seul à l’écran, certaines chaînes préféreront un placement du sous-titre au centre, d’autres sous la bouche du personnage. De même lorsque le personnage est hors champ, le sous-titre en jaune, ou l’indication d’un bruit en rouge, sera tantôt placé selon la direction du son, ou centré.

- Au niveau de la ponctuation, on aura tantôt des tirets devant les sous-titres à chaque changement de personnage, tantôt des tirets uniquement s’il y a ambiguïté sur plusieurs personnages hors champ susceptibles de parler. Les indications de bruits seront, selon les clients, ponctuées ou non.

- Au niveau des indications sonores, certaines chaînes exigent un sous-titrage très complet et détaillé, même si elles ne sont pas nécessaires pour bien suivre le programme, tandis que d’autres ne veulent que soient indiqués que les bruits indispensables à la compréhension, afin de ne pas alourdir le sous-titrage.

- Enfin, le repérage se fait, selon les chaînes et clients, à la voix ou en anticipation d’une seconde maximum afin de gagner en lisibilité. Par contre, un sous-titre SM n’est jamais censé commencer en retard par rapport à la voix. Certaines chaînes acceptent que les plans « vides » (sans son particulier) qui suivent l’intervention d’un personnage soient utilisés pour sous-titrer une partie de phrase afin de donner plus d’informations aux spectateurs.

Il ne faut pas confondre le sous-titrage pour sourds et malentendants avec le sous-titrage français-français pour TV5. Le sous-titrage pour TV5 n’est pas destiné aux sourds et malentendants, mais aux apprenants de français. Il constitue un support écrit aux dialogues. Le public de TV5 est un public francophone ou non francophone, vivant essentiellement à l’étranger. Les normes du sous-titrage pour TV5 ressemblent beaucoup à celle du sous-titrage d’un programme étranger, au niveau du repérage, de la lisibilité, et de la ponctuation.

L'audiodescription

L’audiodescription consiste à décrire les éléments visuels d’une œuvre cinématographique au public non voyant et malvoyant, pour lui donner les éléments essentiels à la compréhension de l’œuvre (décors, personnages, actions, gestuelle). Le texte enregistré est calé entre les dialogues et les bruitages et mixé avec le son original de l’œuvre.
L’audiodescription concerne tout style de films, téléfilms et documentaires, les désirs et les goûts des déficients visuels étant aussi variés que ceux d’une audience voyante. L’œuvre, le style de l’auteur et le rythme du film doivent être respectés. Le descripteur transmet non seulement les informations contenues dans les images, mais aussi leur puissance émotionnelle, leur esthétique et leur poésie.
La description doit être réalisée de façon objective pour ne pas imposer ses propres sentiments mais les provoquer. La description doit être précise et contenir les quatre informations principales : les personnes, les lieux, le temps et l’action. L’audiodescripteur ne doit pas interpréter les images mais les décrire ; il ne doit pas déformer les informations ni le déroulement de l’histoire. Le travail d’audiodescription est exigeant. C’est un travail d’écriture précis, pour lequel une analyse fine de l’image et de la bande-son doit être réalisée. L’audiodescripteur doit adapter la description pour qu’elle ne soit ni pesante, ni fatigante pour l’auditeur. Les déficients visuels n’ont pas besoin qu’on leur raconte le film, ils l’entendent. Le but de la description est de se fondre dans le film, se faire oublier, être cette petite voix qui chuchote à l’oreille du spectateur. La description doit faciliter le moment de plaisir ! Le temps de réalisation d’une audiodescription doit intégrer :

  • une ou deux premières visions du film
  • un premier travail de description initial
  • la recherche d’éléments techniques ou complexes (recherche documentaire)
  • la prise de recul et la rédaction d’une version “projet”
  • l’écriture dactylographiée de la description, intégrant les “time-code” et repères auditifs
  • la finalisation et la rédaction de la version définitive

Pour que la qualité de l’audiodescription soit maintenue, il est souhaitable qu’une relecture soit proposée au réalisateur et que le travail de description soit réalisé avec la collaboration d’un déficient visuel formé à cette technique.
L’audiodescription est un travail d’analyse, de recherche, et de création qui nécessite une formation professionnelle adaptée.

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