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The English subtitles for ROMA

Whatever happened to "quality control"?

This coming Sunday, Alfonso Cuarón's movie Roma may well make history at the Academy Awards in Hollywood. With its ten nominations, it is poised to become the first-ever movie in a language other than English to take the Best Picture award. There is no denying that it is a magnificent movie, beautifully directed and with a touching central performance from Mexican actress Yalitza Aparicio. This is also the first time that the streaming giant Netflix has found itself in the Oscars spotlight to this extent, even though it merely picked up distribution rights to the film and played no active role in its production.

ROMA French subtitles

Or how to ruin a masterpiece, by Netflix

There is no need to introduce Roma, its director, Alfonso Cuarón, or the company that bought the movie's world distribution rights, Netflix.

After being alerted by French viewers to the appalling quality of the French subtitles - fittingly at a time when discontent with Netflix translations is on the rise on social media - the ATAA (the French Association of Audio-visual Translators) decided to take a look. What we discovered is both shocking and baffling. The disaster is of such a scope that we are obliged to distinguish between content and form: firstly, a list of violations of subtitling conventions and industry practice, then an inventory of translation and adaptation errors, if indeed a word like “translation” still has any meaning in this particular case.

Le sous-titrage français de ROMA

Ou comment abîmer un chef-d’œuvre, par Netflix

On ne présente plus Roma, ni son réalisateur, Alfonso Cuarón, ni la société qui a acheté le film et le diffuse, Netflix.

Alertée par des spectateurs sur la qualité désastreuse des sous-titres français, alors que les réseaux sociaux commencent à bruisser d’un vent de mécontentement envers les traductions Netflix, l’ATAA a voulu vérifier par elle-même ce qu’il en était. Ce que nous avons découvert est aussi choquant que révélateur. Le désastre est d’une telle ampleur que nous sommes obligés de procéder par listes, d’abord des problèmes formels, puis de traduction et d’adaptation, si toutefois ces deux mots ont encore leur place ici.

Interview d’Emmanuelle Boillot et Imane Khalil

Lauréates du prix ATAA 2019 pour Le Caire confidentiel de Tarik Saleh

Adaptation d’un film en sous-titrage non anglophone

Comment avez-vous été amenées à travailler sur ce film ?

Emmanuelle : C’est le laboratoire de sous-titrage Hiventy qui m’a recommandée à Julia Santoni de Memento. Cette dernière recherchait activement un adaptateur pour Le Caire confidentiel. Mon expérience de l’écriture à quatre mains a probablement pesé dans son choix de travailler avec moi. Chinois, arabe palestinien, danois : au cours de ma carrière, il m’a souvent été donné d’adapter des textes depuis une langue que je ne parle pas. Mais le premier défi a été de rencontrer une personne traduisant l’arabe égyptien. Aussi j’ai fait appel à mon réseau, à mes consultantes en arabe libanais et syrien, à mes amis de « Langues orientales ». Également au réseau de mon réseau... Et on m’a présenté Imane ! Bien que n’ayant aucune connaissance de la technique du sous-titrage, elle a été partante pour cette aventure !

Imane : Oui, j’étais enthousiaste ! Je n’avais qu’une seule exigence : que le film ne dénigre pas l’Égypte, l’armée ou la police que j’affectionne particulièrement. Passée cette première réserve, j’ai confirmé à Emmanuelle la particularité du dialecte égyptien. Il y a 20 ans, il était compris dans tout le monde arabe. À l’époque, le cinéma égyptien vivait son âge d’or et était diffusé dans l’ensemble des pays arabophones. Depuis, la langue cairote a évolué. Même si l’arabe littéraire reste stable et compréhensible de tous, l’arabe quotidien doit être passé au filtre de la culture locale. En effet, un même mot peut prendre une signification différente selon l’intonation. Les mimiques, l’expression des yeux et des mains peuvent aussi induire un sens autre. Ce trait culturel est propre à chaque pays arabophone. Pour Le Caire confidentiel, il était impératif de faire appel à un natif du pays pour comprendre l’âme du texte et la subtilité de la langue.

© Rémi Poulverel

Palmarès de la 8e édition des prix ATAA - doublage et sous-titrage de fiction

Événement incontournable de la profession, la cérémonie de remise des prix ATAA s’est tenue vendredi à la SACEM. Ce rendez-vous redouble de succès à chaque nouvelle édition, preuve de la vitalité de notre secteur dont la reconnaissance grandit d’année en année.

C’est avec beaucoup de plaisir que les acteurs du métier, des distributeurs, des diffuseurs et des entreprises de postproduction se sont retrouvés pour célébrer le talent des auteurs-adaptateurs. Un moment de partage vécu dans la bonne humeur.

L’ATAA et la profession ne manquent en effet pas d’humour et l’auditorium Debussy-Ravel a résonné des fous rires des plus de 250 convives. Ces derniers ont été totalement conquis par le détournement préparé par l’équipe organisatrice. Une équipe dont le dynamisme et le volontarisme symbolise parfaitement l’esprit de notre association et de la communauté des adaptateurs de l’audiovisuel !

Prix ATAA 2019 de la traduction de documentaires télévisés

La sélection est ouverte !

Ce prix organisé en partenariat avec la SCAM est l'occasion de mettre en lumière l'un des maillons essentiels de la fabrication des versions françaises de documentaires étrangers : le traducteur (souvent la traductrice !). Il donne à voir les nombreux défis auxquels sont confrontés les auteurs de ces traductions, et les qualités requises - rigueur, justesse, fluidité, pour n'en citer que quelques-unes - afin de fournir une VF de qualité.

Pour cette troisième édition, le prix évolue. Jusqu'ici, la sélection était entièrement constituée de candidatures spontanées. Ce modus operandi s'est heurté à la modestie - ou la timidité - proverbiale des traducteurs, artisans de l'ombre par excellence. Pour étoffer la sélection qui sera soumise au jury, le comité d'organisation se réserve désormais la possibilité de choisir quelques films supplémentaires, dont l'adaptation remarquable aura attiré leur attention.

Comment participer ?

Avant toute chose, consultez l'appel à candidature et le règlement du prix 2019, disponibles ci-dessous.

Pour soumettre votre candidature, il vous suffit ensuite de remplir ce formulaire en ligne.
Les éléments requis pour l'inscription seront à envoyer à part, à l'adresse qui vous sera indiquée.

Le formulaire sera actif du 5 février au 30 mars 2019.

Journaljanvier 2019

Vie de l'ATAA
22/01CA de janvier

À la découverte du travail du comité d’organisation et des jurys des Prix ATAA​

Juliette De La Cruz répond à nos questions…

Comment sélectionnez-vous les œuvres soumises aux jurys ?

Notre objectif est de choisir le panel le plus vaste possible, notamment en variant les genres : comédie, drame, sitcom, film d’action ou historique… Mais aussi en variant les distributeurs, les diffuseurs, les auteurs, et, dans une moindre mesure, les laboratoires. À ce stade, nous ne jugeons pas la qualité de l’adaptation. Nous laissons ce travail aux jurys. En effet, contrairement à ce qu’on pourrait penser, le comité d’organisation ne visionne aucun des programmes sélectionnés. Ce serait beaucoup trop chronophage et nous ne souhaitons pas influencer les votes en présentant des adaptations que nous jugerions meilleures que d’autres. C'est bien aux jurys de trancher la question.

Néanmoins, nos choix restent éclairés : nous sommes tous cinéphiles et/ou sériephiles. De manière informelle, nous organisons une veille sur les sorties dignes d’intérêt. Nous sommes aussi à l’écoute de ce qui se dit dans le milieu. Il arrive enfin que des distributeurs ou des diffuseurs nous recommandent des adaptations – en toute objectivité – dont la qualité leur semble se distinguer.

Prix ATAA 2019 - Adaptation en doublage d'un film de cinéma

Tour d'horizon des finalistes de cette 8e édition

Philippe Millet pour Jumanji, bienvenue dans la jungle

Comédie américaine, Jumanji, bienvenue dans la jungle raconte les aventures de quatre lycéens qui se retrouvent prisonniers d’un jeu vidéo et de leur avatar. S’ils ne terminent pas la partie, ils ne pourront jamais rejoindre le monde réel…

Philippe Millet a su trouver un parfait équilibre entre langues source et cible : dans le respect du sens, son adaptation s’éloigne suffisamment de la version originale pour adopter la juste expression française. Résultat : ça claque ! Les jeux de mots et les effets comiques sont réussis ! En s’appuyant habilement sur l’image, l’auteur est parvenu à conserver l’esprit du film et des personnages. Notamment quand le souffre-douleur se transforme en Golgoth bodybuildé, et que la fille se retrouve dans le corps d’un garçon. Rires garantis grâce à des répliques françaises qui répondent à l’incongruité de ces doubles identités !

Réalisation : Jake Kasdan

Distribution : Sony

Laboratoire : Dubbing Brothers

Direction artistique : Barbara Tissier

Juliette Caron et Manuel Delilez pour Pentagon Papers

Film américain, Pentagon Papers nous présente Katharine Graham, première femme à diriger le Washington Post. En concurrence avec le New York Times, elle projette de révéler les véritables motivations du gouvernement américain dans la guerre contre le Vietnam.

Tiré de faits réels, Pentagon Papers revient sur le premier lanceur d’alerte de l’histoire américaine. Respectant le langage des années 60-70 – avec une touche de modernité – Juliette Caron et Manuel Delilez livrent une adaptation à la portée du public français. En effet, l’affaire est compliquée, les protagonistes nombreux et les références culturelles pointues. Tournées pour l’essentiel dans une salle de rédaction, les scènes donnent lieu à des dialogues denses, filmés en gros plan et dont le synchronisme ajoute à la réussite de cette adaptation.

Titre original : The Post

Réalisation : Steven Spielberg

Distribution : Universal

Laboratoire : Cinéphase

Direction artistique : Jean-Philippe Puymartin

Prix ATAA 2019 - Adaptation d’un film en sous-titrage, catégorie Non Anglophone

Tour d'horizon des finalistes de cette 8e édition

Emmanuelle Boillot avec Imane Khalil (consultante) pour Le Caire confidentiel

Thriller suédois tourné en arabe égyptien, Le Caire confidentiel raconte comment Noureddine, un inspecteur de police, est chargé d’élucider le meurtre d’une chanteuse commis dans un palace du Caire. Alors que grondent les prémisses du Printemps arabe, il se retrouve à enquêter sur la garde rapprochée de Moubarak.

Mêlant l’histoire contemporaine à une enquête policière, Le Caire confidentiel multiplie les registres de langue. Qu’ils émanent de policiers, de politiciens ou de gens de la rue, les dialogues s’adaptent et restituent une langue percutante et rythmée. Emmanuelle Boillot, aidée par Imane Khalil, nous plonge dans l'intrigue et la culture égyptienne grâce à des textes fluides et agréables à suivre. On se croirait bilingue arabe-français !

Réalisation : Tarik Saleh

Distribution : Memento

Laboratoire : Hiventy

Prix ATAA 2019 - Adaptation d’un film en sous-titrage, catégorie Anglophone

Tour d'horizon des finalistes de cette 8e édition

Odile Manforti pour Cro Man

Film d’animation anglais, Cro Man nous entraîne dans les aventures de Doug et de son ami Crochon. Relégués dans les « Mocheterres » suite à l’arrivée de l’âge du bronze, ces derniers décident de reconquérir leur place à coup de matchs de football.

« Loufoque » est probablement le terme qui décrit le mieux les sous-titres de Cro Man. On assiste à un festival de trouvailles tant pour la traduction des jeux de mots que pour le choix du vocabulaire. Et les noms inventés font preuve d’une aussi brillante fantaisie. Et que dire des allusions à l’actualité ? Odile Manforti ne manque aucun clin d’œil au star system des joueurs de football ou à l’isolement de l’Angleterre depuis le Brexit. Un travail impeccable !

Réalisation : Nick Park

Distribution : StudioCanal

Laboratoire : Dubbing Brothers

Prix ATAA 2019 - Adaptation d’une série en doublage

Tour d'horizon des finalistes de cette 8e édition

Fanny Béraud, Sabrina Boyer et Perrine Dézulier pour 1993

Série italienne, 1993 s’inspire de faits réels et de l’opération « Mains propres » engagée pour lutter contre la corruption généralisée de la classe politique et des entrepreneurs avides de marchés publics.

Entre élections, enquêtes policières et délits d’initiés, cette plongée dans les arcanes de la politique italienne est servie par des dialogues français d’un parfait synchronisme. L’impression d’immersion est complète. Plusieurs milieux se croisent : politiciens, policiers, artistes… Et Fanny Béraud, Sabrina Boyer et Perrine Dézulier sont parvenues à restituer le parler naturel de chaque personnage. Bien campés, ces derniers dressent un authentique portrait de la société italienne de l’époque. On se laisse porter au point d’oublier qu’il s’agit d’une adaptation…

Direction artistique : David Macaluso

Studio : Nice Fellow Belgique

Diffusion : OCS City

Distribution : Sky Atlantic