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Lettre ouverte au Président de la République et au Premier ministre

Monsieur le Président,

Monsieur le Premier ministre,

Vous avez pris la décision de laisser les secteurs culturels et artistiques du pays à bout de souffle en refusant aux salles de spectacle, de concert et de cinéma de rouvrir leurs portes à compter du 15 décembre.

Cette prolongation, dépourvue de date limite, est la goutte qui fait déborder un vase déjà bien plein depuis le mois de mars. Les conséquences sont désastreuses pour la création cinématographique et audiovisuelle ainsi que pour son exploitation en France et en Europe.
La traduction est indispensable à la diffusion des œuvres audiovisuelles étrangères en France et des œuvres françaises à l’étranger. Or, la décision de repousser à nouveau la réouverture des salles de cinéma a pour conséquence de fragiliser encore un peu plus les auteurs de doublage, de sous-titrage, de voice-over et de traduction de scénarios.

Nos métiers sont pris entre deux feux : d’une part, le ralentissement de la production et le report de la distribution des films à des dates impossibles à prévoir ; d’autre part, l’augmentation du nombre de films désormais diffusés directement sur les plateformes, celles-ci faisant appel à des prestataires techniques qui imposent aux traducteurs des délais de plus en plus difficiles à respecter pour fournir un travail créatif de qualité, sans parler des rémunérations toujours plus basses.

Nous avons conscience du caractère exceptionnel de la situation sanitaire. Mais nous avons tout autant conscience des conséquences sociales, économiques et culturelles qui en découlent et forment une vague elle aussi dévastatrice.

L’ATAA s’associe à la SRF et à l’AFCAE pour dénoncer le mépris dont vous faites preuve à l’encontre de nos secteurs. Elle apporte également son soutien aux initiatives de référés-liberté visant à faire annuler votre décision par les juges administratifs.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président,, Monsieur le Premier ministre, l’assurance de notre considération.

L’Association des Traducteurs Adaptateurs de l’Audiovisuel (ATAA)

Journalnovembre 2020

Vie de l'ATAA
17/11CA de novembre

Le « jeu de la baisse » : stratégie perdante pour tous

Encore de mauvaises nouvelles dans le secteur du sous-titrage en France : l’un des plus grands labos français applique depuis quelques mois, à bas bruit, des baisses de tarifs sur une grande partie de ses séries.

Traduction, puisque c’est notre métier : on annonce actuellement aux auteurs que pour la nouvelle saison d’une série sur laquelle ils travaillent depuis des années à un tarif donné, ils seront maintenant payés 10 à 30 % de moins, à travail égal. Pas si égal que ça, d’ailleurs. En quelques années, on a vu en plus se multiplier les tâches annexes : remplissage de tableaux de concordance VO/VF, traduction de synopsis, recalages/conformations sur des versions successives… Souvent sans contrepartie, car censées être comprises « dans le forfait », c’est bien pratique.

Journaloctobre 2020

Institutions
21/10Audition par la mission Sirinelli sur le contrat de commande pour le CSPLA
Institutions
13/10Réunion plénière de restitution des différents groupes au ministère de la culture
Vie de l'ATAA
13/10CA d'octobre
Vie de l'ATAA
07/10Journée Point Contact à la Maison des associations du 18e

Subtitles at the Deauville festival

Why such contempt for movies and their audience?

At a time when post-production labs and service providers are focusing more and more on artificial intelligence tools that are alleged to assist faster and less "expensive" subtitling, it is worth recalling what machine translation looks like. Contrary to what some people claim, it is far from perfect.

The 46th Deauville American Film Festival, held (with face-masks) from September 4th to 13th, 2020, provided a perfect illustration of this. Rarely have so many botched subtitles been on display in a single festival. Except for a handful of movies in competition, which were professionally subtitled, the French subtitles of the films screened were at best difficult to read and full of errors, at worst totally absurd and incomprehensible.

Prix de la traduction de documentaires télévisés - 4e édition

Cette année 2020 aura bien chamboulé l’organisation de notre prix : réunions de jury par Skype, annulation de la soirée de remise, et en même temps, beaucoup de temps pour visionner les films, et une très grosse envie de ne pas renoncer à remettre ce prix !

D’autant que nous avons eu cette année un jury de choc qui a su s’adapter avec bonne humeur aux nombreux aléas, sans jamais s’éloigner de son sujet : une bonne traduction pour l’audiovisuel, c’est quoi ?

Sous-titrage au festival de Deauville

Pourquoi tant de haine pour les œuvres et les spectateurs ?

À l’heure où des laboratoires de post-production et des commanditaires commencent à s’intéresser aux intelligences artificielles censées permettre des sous-titrages plus rapides et moins "coûteux", il est bon de rappeler à quoi ressemble une traduction automatique. Contrairement à ce que l’on entend, c’est loin d’être au point.

Le 46e Festival du cinéma américain de Deauville, qui s’est tenu (masqué) du 4 au 13 septembre 2020, en offrait un bon exemple. Rarement a-t-on vu autant de sous-titrages bâclés. Sauf pour quelques rares films de la compétition, qui étaient sous-titrés de façon professionnelle, ils étaient au mieux difficiles à lire et bourrés d’erreurs, et au pire totalement absurdes et incompréhensibles.

Journalseptembre 2020

Institutions
25/09Réunion groupe cinéma/audiovisuel au ministère de la culture avec Fabrice Benkimoun (suite rapport Racine)
Institutions
24/09Réunion avec le SCA (Scénaristes de cinéma associés)
Institutions
21/09Réunion avec la Fédération des associations des métiers du scénario à Paris
Vie de l'ATAA
16/09CA de septembre

Sous-titrage : attention, danger !

Depuis peu, plusieurs prestataires internationaux de sous-titrage publient des annonces destinées aux sous-titreurs indépendants. Dans la plupart des cas, aucune expérience n’est requise, mais simplement privilégiée. Ces annonces mettent en avant des points positifs comme la souplesse des horaires, le travail à domicile, la maîtrise de la charge de travail. La seule chose qui n’est pas mentionnée, ce sont les tarifs.

C’est quand ils se portent candidats que les traducteurs découvrent des tarifs extrêmement bas, que ces sociétés n’ont aucune intention d’augmenter. La plupart de ces tarifs ne permettent de gagner que l’équivalent du salaire minimum en travaillant à plein temps. Il est alors très difficile de maîtriser sa charge de travail et impossible de cotiser décemment pour sa retraite et sa couverture de santé.
Le sous-titrage est une activité de création qui nécessite un savoir-faire. Tout sous-titreur ou sous-titreuse professionnel-le doit être dûment rémunéré-e pour ce savoir-faire. Les débutants doivent bénéficier de formations sérieuses et ne pas être exploités en étant payés à des tarifs extrêmement bas.

Plus les traducteurs et les sous-titreurs refuseront ces conditions de travail et de rémunération inacceptables, plus nous pourrons nous battre pour faire prendre conscience aux prestataires de services que la traduction audiovisuelle est un métier créatif qui demande du temps et une rémunération décente.
Refusez toute proposition d’emploi formulée dans ces termes et signalez toute annonce inacceptable aux organisations professionnelles de votre pays (en France, l’ATAA), que vous en soyez membre ou non, ainsi qu’à l’AVTE, la fédération européenne des associations de traducteurs audiovisuels, via son site, sa page Facebook ou son compte Twitter.

Journaljuillet 2020

Vie de l'ATAA
01/10CA de juillet

Résultat des travaux de la Commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale sur le statut des auteurs

Le 8 juillet 2020, les députés Pascal Bois (La République en marche) et Constance Le Grip (Les Républicains) ont rendu compte devant la Commission des affaires culturelles et de l’éducation d’une mission sur le statut des auteurs, entamée le 3 juin dernier.

Les rapporteurs ont d’abord fait part de leur avis sur le rapport Racine, dont ils partagent le diagnostic de la situation sociale et économique précaire des auteurs. Ils soutiennent plusieurs de ses recommandations, en particulier :

- n° 14 : portail administratif unique ;

- n° 20, formation des étudiants : information indispensable sur les démarches administratives, etc.

- n° 23, sur la création contemporaine (concerne les plasticiens uniquement).

La traduction audiovisuelle en temps de crise

Sur le rapport Racine, le statut d’auteur et une crise inattendue

Nous, traductrices et traducteurs de l’audiovisuel, sommes des auteurs, au sens de créateurs de ces œuvres de l’esprit que sont les traductions. Mais nous dépendons des créations d’autres auteurs – scénaristes, dialoguistes et cinéastes – et nous nous mettons au service de ceux-ci pour transmettre leurs œuvres à des publics qui n’en comprennent pas la ou les langues originales.

Auteurs de sous-titrage, de doublage et de voice-over, nous avons pour particularité de nous inscrire dans une chaîne de production et de ne pas avoir systématiquement des rapports directs avec les créateurs originaux. Nos interlocuteurs immédiats sont nos commanditaires – sociétés de production, distributeurs de films, diffuseurs, prestataires techniques –, lesquels n’ont pas toujours conscience du statut d’auteur dont nous jouissons sur les plans juridique, social et moral.

C’est à ce titre qu’il nous a semblé important de nous exprimer sur le contenu de « L’auteur et l’acte de création », rapport remis au ministre de la Culture le 22 janvier 2020 par Bruno Racine, fruit de la mission qui lui avait été confiée en avril 2019 (téléchargeable ici).

Après avoir pris connaissance du rapport et des positions de plusieurs organisations d’auteurs, l’ATAA livre ici son point de vue, quatre mois après la parution du rapport. Qui plus est, personne ne pouvait envisager fin janvier la perspective qui est la nôtre aujourd’hui, celle d’une situation de crise sanitaire, sociale et économique qui perdure désormais.